Projet de naissance

De plus en plus de maternités proposent aux futurs parents de réaliser un projet de naissance. Un projet de naissance est une sorte de contrat dans lequel le couple exprime ses désirs. Mais comment préparer son projet de naissance ? Que peut-on y mettre ?

En tout cas, aucun projet de naissance n’est parfait et il n’existe pas de projet de naissance type : il est différent et propre à chaque couple !

 

Qu’est-ce qu’un projet de naissance ?

Pas encore très répandu en France, les projets de naissance sont pourtant monnaie courante aux Etats-Unis et dans les pays d’Europe du Nord. Comme très peu de maternités proposent aux futurs parents de réaliser leur propre projet, vous devez de vous-même prendre cette initiative.

Alors, à quoi sert ce projet ? A exprimer vos envies pour cette accouchement, pour vivre votre accouchement comme vous le souhaitez et non, pour le subir : péridurale ou non, accouchement à la maison, sur le côté, peau à peau en priorité avec votre bébé ? …

C’est la possibilité pour vous de dire tout ce qui vous tient à cœur !

Surtout, vous devez en parler avec votre conjoint(e) évidemment, mais aussi avec l’équipe médicale qui va vous suivre et être présente lors de votre accouchement. D’ailleurs, essayez de trouver une maternité qui sera en adéquation avec vos envies.

En effet, certaines maternités voient d’un mauvais œil ce type de projet car ils ont l’impression qu’on leur donne des ordres, alors que d’autres sont tout à fait ouvertes à vos désirs. Dans tous les cas, dites plutôt que vous “désirez” telle chose plutôt que vous “refusez”.

N’oubliez pas qu’un projet de naissance n’a pas non plus la valeur d’un contrat – c’est plus un “contrat de confiance” : l’équipe médicale à tout à fait le droit de refuser certaines de vos demandes. Pourtant, il est tout de même très important de rédiger son projet de naissance et d’en parler pour trouver l’équipe qui vous correspond. En effet, certaines équipes refusent d’écouter les futures mamans : du coup, elles se sentent infantilisées, blessées et ne vont que subir leur accouchement.

Mais, il y a quand même de plus en plus de maternités qui poussent les parents à faire leur projet.

 

Les objectifs

 

En plus de devenir vraiment “actrice” de votre accouchement, faire votre projet va vous permettre de récolter pas mal d’infos sur la grossesse, votre corps pendant cette période, des pratiques et méthodes moins classiques et plus naturelles qui vous conviendront peut-être plus !

  • Développer la connaissance de la période de la grossesse et de l’accouchement
  • Développer la connaissance de son corps lors de cette période
  • Penser à comment on souhaite accueillir son bébé
  • Faire connaissance avec son équipe pour mieux les connaître et pour qu’eux vous connaissent mieux aussi.
  • Réduire ses appréhensions et trouver des réponses à ses questions

Ce projet de naissance va aussi vous permettre de préparer votre accouchement en couple et donc, votre conjoint(e) va pouvoir se sentir beaucoup plus inclus dans cette aventure. Votre moitié va pouvoir vous soutenir le jour J et mettre un point d’honneur à ce que votre projet soit bien respecté. Il sera là pour échanger avec l’équipe médicale pendant que vous, vous ne serez pas forcément en possession de tous vos moyens.

 

Quoi mettre dans son projet de naissance ?

 

Les demandes faites sont souvent acceptées par les maternités car elles sont rarement extravagantes. Vous pouvez y inclure plusieurs types de choses : une péridurale à demande, refus d’épisiotomie, lumière tamisée, musique, … Vous pouvez faire en sorte d’avoir un accouchement le plus naturel et le moins médicalisé possible.

 

Ne pas oublier de discuter et d’écouter

 

Pensez à expliquer pourquoi vous souhaitez ou ne souhaitez pas telle chose ; ça permet à l’équipe médicale de mieux comprendre vos désirs, de mieux vous connaître mais aussi d’avoir la possibilité de vous rassurer si besoin : fausse-couche, accouchement précédent difficile, cicatrisation difficile suite à une épisiotomie ….

En effet, même si vous faites certaines demandes, vous ne devez pas oublier d’écouter ce que vous disent les sage-femmes. Si vous demandez à ne pas avoir de monitoring en continu, la ou le sage-femme peut quand même vous dire qu’il se peut que vous en ayez un en cas de souffrance fœtale ou si le travail n’avance pas. Il faut réussir à discuter et à écouter les arguments de l’équipe médicale. Ils ne peuvent pas toujours vous promettre de faire ou de ne pas faire telle chose mais vous dire que ça dépendra de ce qui se passe le jour de votre accouchement. Mais ils peuvent, en tout cas, faire le maximum pour respecter vos envies.

Tout le monde doit faire preuve de souplesse !

Quand transmettre son projet ?

 

Vous pouvez évoquer vos désirs à propos de votre accouchement dès le 4ème mois, lors de votre premier entretien avec l’équipe médicale. De cette manière, vous aurez le temps de discuter, d’échanger et de créer un projet qui vous convienne réellement.

Quelques exemples de choses à ajouter dans votre projet …

L’approche posturo-respiratoire : c’est une méthode qui a été mise en place par le Dr Bernadette de Gasquet. Pour elle, la posture et la respiration sont intimement liées pendant l’accouchement. La position classique ne serait donc pas la plus adaptée pour aider bébé à sortir sans abîmer le périnée. Il est donc possible de se placer sur le côté ou à quatre pattes lors de votre accouchement.

La position gynécologique aménagée de Gasquet

Allongée sur la table de travail, vous avez les pieds dans les étriers. Mais la hauteur de ces derniers est réglée afin que l’angle entre la cuisse et la colonne vertébrale soit légèrement inférieur à 90°. Vous ne pourrez utiliser cette position que dans des maternités où le personnel y est formé afin qu’ils puissent vous aider à vous placer correctement. La cambrure a tendance à fermer le bassin et empêche le bébé de progresser : l’intérêt de cette position est qu’elle évite d’être cambrée ; cela facilite la sortie de bébé et préserve votre périnée !

Quand la sortie de bébé approche, la table est basculée très légèrement en arrière, de façon à alléger la pression qui s’exerce sur le périnée. Le futur papa se tient derrière la table et au moment où vous poussez, vous tendez les bras, posez vos mains sur son buste et le repoussez très fort tout en expirant. Cette posture évite que tous les organes descendent en même temps que le bébé. Ils vont même remonter alors que le bébé est expulsé vers l’extérieur. Ils sont ainsi protégés et ne souffrent pas de l’effort accompli !

 

La position sur le côté

C’est vous qui décidez du côté où vous êtes la plus à l’aise selon votre ressenti. Le pied extérieur pousse le cale-pied, tandis que le bras opposé pousse vers le haut, toujours pour s’étirer et favoriser l’expulsion du bébé et la remontée des organes. Le genou n’est pas levé pour éviter de fermer le bassin, il est seulement plié, comme si on voulait passer sur le ventre.

 

La position à quatre pattes

Idéal si votre bébé se présente le dos contre votre colonne vertébrale. Dans ce cas, la position allongée classique est très douloureuse pour vous. Alors qu’avec les fesses en l’air et la tête enfouie dans un coussin, on facilite l’arrivée du bébé. En effet, ce n’est pas la gravitation qui le fait « tomber », mais c’est l’utérus qui l’expulse. Or, à quatre pattes, le bassin est très ouvert, aucune pression ne s’exerce sur le périnée, pousser devient plus facile et le bébé progresse généralement plus vite.

Cependant, encore une fois, il ne faut pas choisir de faire une position différente juste parce que c’est à la mode et complètement au hasard : vous devez y réfléchir, en parler, faire attention de vous entraîner pour savoir correctement vous placer, vous sentir très bien dans cette position … mais aussi accepter que ce ne sera peut-être pas possible le jour J selon votre état et celui de votre bébé.

D’autres demandes possibles …

  • Porter les vêtements de mon choix, dans lesquels je serai à l’aise.
  • Avoir une liberté de mouvement pendant le travail.
  • M’alimenter et boire comment je le souhaite, sans recevoir d’eau glucosée.
  • Avoir une pièce avec la lumière tamisée et de la musique.
  • Ne pas accélérer mon travail sans urgence médicale avérée : épisiotomie, injection d’ocytocine, rupture de la poche des eaux, …
  • Réduire au maximum le nombre de touchers vaginaux et si possible que ce soit toujours la même personne.
  • Pas de séparation avec bébé sauf pathologie particulière.
  • Privilégier le peau à peau.
  • Que l’équipe médicale m’explique ce qu’ils font avant de prendre des décisions.

Il existe une multitude de demandes possibles ; à vous d’y réfléchir en avance afin de pouvoir en discuter avec tout le monde et pour que tout soit préparé. Vous pourrez trouver plusieurs exemples de projets sur Internet afin de vous aider à constituer le vôtre.

Faire son projet de naissance ne garantit pas d’avoir un accouchement parfait car il peut y avoir des complications ou finalement, vous avez décidé de changer d’avis au dernier moment, … Bref, l’accouchement est un événement imprévisible par nature ! Tout peut arriver et il faut s’attendre à des changements éventuels.

Si jamais votre accouchement ne s’est pas passé comme vous le souhaitiez, vous pouvez revenir – quelques jours ou semaines plus tard – voir votre ancienne équipe médicale si besoin : ils pourront vous rassurer, vous expliquer pourquoi ça s’est déroulé de telle manière, …

Cela peut vous aider à mieux accepter ce qu’il s’est passé et être plus en harmonie avec vous-même.

En conclusion, renseignez-vous dès le début de votre grossesse pour constituer votre propre projet de naissance, celui qui vous conviendra vraiment !

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