La motricité libre : principes et pratiques

La motricité libre”, voilà un terme que l’on voit de plus en plus et dont on entend de plus en plus parler aussi. Pourtant, ce n’est pas nouveau ! En effet, le terme de “motricité libre” a été inventé dans les années 60 par le Dr Emmi Pikler.

La pédiatre était convaincue qu’un bébé était tout à fait capable de se développer seul sans avoir besoin de l’intervention d’un adulte. Après avoir observé les enfants découvrir en toute liberté, elle a constaté que le développement moteur s’acquiert naturellement mais aussi que les enfants se sentent plus en sécurité, avec un sentiment d’accomplissement de par cette liberté. Aujourd’hui, beaucoup de professionnels de la santé et de la petite enfance préconisent cette pratique.

 

Concrètement, le principe est de permettre à l’enfant de découvrir seul et à son rythme ses différentes capacités. On laisse donc l’enfant évoluer de façon autonome. C’est pourquoi la motricité libre et les principes de la Pédagogie Montessori vont souvent de pair.

Dans la suite de cet article, vous trouverez quelques conseils si vous souhaitez mettre en place la motricité libre dans votre quotidien !

 

Comportements et objets à bannir

Si vous souhaitez pratiquer la motricité libre avec votre enfant, il y a certains comportements à éviter et plusieurs objets de puériculture inutiles. Voici cinq choses à retenir pour mettre en place une motricité libre chez vous :

 

1/ Pas de bébé dans le transat !

En effet, le transat empêche votre enfant de se mouvoir librement et est donc anti-motricité libre. Vous pouvez évidemment avoir un transat pour votre bébé, mais uniquement pour des périodes courtes. Quand il est éveillé, posez-le plutôt sur un tapis de jeu, à la fois confortable et rigide, sur le dos et bien à plat. Déposez ensuite quelques jouets (pas trop) autour de lui et laissez-le partir à la découverte de ces objets.

 

2/ Essayer de limiter le mobile

Le mobile limite, encore une fois, la mobilité de bébé. Vous pouvez en utiliser si vraiment vous le souhaitez mais pas avant qu’il soit capable de se déplacer seul et à très petites doses.

 

3/ Ne pas obliger bébé à s’asseoir

Les professionnels de la petite enfance préconisent de ne pas mettre le bébé en position assise avant qu’il ne sache le faire seul. Si un bébé ne s’assoit pas seul, c’est qu’il ne se sent pas prêt à le faire. Vous risqueriez de le contrarier et de lui faire peur en l’asseyant alors qu’il n’en a pas envie. Encouragez votre bébé et laissez-le évoluer à son rythme.

 

4/ Bannir le trotteur !

Cet objet, qui est souvent défini comme une aide à la marche, et en fait, tout le contraire. Il est dangereux pour le bon développement de l’enfant. En effet, le trotteur maintient artificiellement votre enfant debout : le bébé ne voit pas ses pieds, n’a pas à faire d’efforts pour se tenir debout et ne prend pas appuis par lui-même. En plus d’être une source de tensions musculaires, cela peut avoir une conséquence sur la construction de son schéma corporel.

Cependant, nous vous inquiétez pas si vous avez utilisé cet objet. Il vous reste juste à vous en débarrasser dès maintenant !

 

5/ Ne pas faire marcher l’enfant en lui tenant les mains

C’est un geste que beaucoup de parents ont en voyant leur bébé tenter de se tenir debout, dans le but de l’aider et de l’encourager dans sa tentative. Le problème est que, dans cette position avec les bras levés, bébé n’arrive pas à trouver son équilibre. De la même façon, tenir une seule main en marchant à côté de lui pour l’aider peut être aussi une source de déséquilibre pour votre enfant.

Les bénéfices de la motricité libre

Nous allons lister ici les différents bénéfices que la motricité libre apporte à l’enfant, selon les professionnels de la santé.

 

1/ La possibilité des expériences motrices libres

La position sur le dos est idéale pour le nourrisson qui n’a aucun effort à faire pour la maintenir. De ce fait, il est plus ouvert à l’exploration et à la découverte. Il peut, sans difficultés, tourner sa tête dans tous les sens, attraper ses pieds, bouger ses jambes et ses mains …

 

2/ Le développement naturel

Tous les êtres humains sont faits pour se développer seul, sans l’aide de personnes, ni d’objets. Un enfant se développera bien plus naturellement et à son rythme si on l’a laissé faire ses propres découvertes et ses propres expériences.

 

3/ La confiance en soi

Un enfant qui apprend seul et qui réussit ce qu’il entreprend gagnera en confiance. De ce fait, il sera encore plus motivé à tenter de nouvelles expériences.

 

4/ L’autonomie

Cela rejoint les autres points. Si on laisse l’enfant se mouvoir par lui-même et découvrir le monde qui l’entoure, il verra son autonomie s’accroître au rythme de son évolution, plus qu’un enfant ayant été contraint dans sa liberté de mouvement.  

 

5/ Un bébé acteur

Un bébé qu’on aura laissé libre de ses mouvements sera capable d’entreprendre lui-même ses actions. Il saura décider du moment où il commence une activité et du moment où il la termine. Cela réduira aussi le nombre de tensions et de crises au sein de la famille puisque l’enfant ne sera pas contraint de faire une action qu’il n’a pas forcément envie de faire ou qu’il ne se sent pas capable de faire. Il décidera par lui-même quelle est la prochaine étape.

 

Il est normal pour un parent de vouloir aider son enfant dans son apprentissage et dans ses explorations. Mais il faut le laisser avancer à son rythme et ne pas l’obliger à faire des choses qu’il ne se sent peut-être pas capable de faire.

Bien évidemment, pratiquer la motricité libre ne veut pas laisser son enfant seul dans un coin et sans surveillance. Ce qui est essentiel dans la motricité libre, c’est d’observer son enfant progresser et de l’accompagner lorsqu’il tente une action qui présente des risques.

Par exemple, il se peut que votre enfant veuille explorer les escaliers. Dans ce cas, vous restez derrière lui pour pouvoir le retenir en cas de chute. Dans sa phase de découverte, il va vouloir grimper partout, alors accompagnez-le et montrez-lui comment monter et descendre du canapé en toute sécurité. Votre bébé gagnera alors en confiance et sera fier de ses accomplissements, tout comme vous !

 

Il existe une multitude d’ouvrages sur le sujet et beaucoup de professionnels de la santé pourront vous parler plus en profondeur de la motricité libre. Vous pouvez également trouver plusieurs crèches qui pratiquent la motricité libre au quotidien, comme Crechi crecha. Nous vous proposons également des ateliers sur la psychomotricité, vous pouvez vous inscrire sur le site si vous êtes intéressé(es) !

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